26 octobre 2009
Portrait robot de l'auto entrepreneur
Ils sont plus de 200 000, font régulièrement l'objet de reportages économiques et restent encore méconnus. Qui sont-ils ? Les auto-entrepreneurs ! Voici un petit topo sur ce statut en plein essor en France...
Qui est l'auto-entrepreneur ?
Si le profil type de l'auto-entrepreneur est assez proche du créateur classique, il est toutefois plus masculin, plus diplômé et exerce davantage dans les services. En effet, il s'agit d'un homme à 77 % alors que le taux avoisine les 70 % pour la création classique. Son âge moyen ? 40 ans.
L'auto-entrepreneur est relativement peu diplômé (52 % ont au maximum un niveau bac). Cependant, il est plus diplômé que le créateur classique (45 % sont d'un niveau CAP-BEP ou autodidactes). En revanche, les auto-entrepreneurs sont plutôt expérimentés. Plus de 60 % d'entre eux ont plus de 10 ans d'expérience professionnelle (dont 32 % ont plus de 20 ans d'expérience).
Près d'un tiers (28 %) des auto-entrepreneurs salariés au moment de la création de leur activité ne le sont plus une fois devenus auto-entrepreneurs. La moitié des personnes (49 %) qui étaient en recherche d'emploi au moment de se lancer, déclarent ne plus être en recherche une fois devenus auto-entrepreneurs. L'enjeu pour la plupart est donc de faire de leur activité développée sous ce statut une activité principale. Enfin, 60 % n'auraient pas créé leur activité si ce régime n'avait pas existé.
Quelle activité ?
Plus des 2/3 exercent une activité dédiée aux services, soit 20 % de plus qu'en création classique. 13 % exercent une activité de vente. Ce nouveau régime est parfaitement adapté à ce type d'activité de service, nécessitant peu d'investissements, pas de locaux commerciaux.
Pourquoi ce statut ?
Le nouveau régime auto-entrepreneur séduit par sa simplicité et le peu de risques d'engagement pour l'entrepreneur. En effet, la simplicité du régime compte parmi les premiers éléments de motivation pour devenir auto-entrepreneur, tant sur le plan des démarches à réaliser (81 %) que sur la simplicité fiscale (73 %). Par ailleurs, la prise de risque limitée (conservation du statut salarié, test de son activité) semble être également un facteur de choix pour ce régime.
Quelle préparation ?
62 % des auto-entrepreneurs se lancent sans étude préalable de leur activité (business plan, étude de marché, etc.) ! Ils basent leur confiance sur leur expérience et leur instinct. Une donnée qui peut présager des difficultés d'adéquation avec le marché… Pour le démarrage de l'activité, 55 % des auto-entrepreneurs ont investi moins de 500 €, quasi exclusivement par apport personnel (87 %). Cela peut s'expliquer par des activités très orientées vers le service ne nécessitant pas de gros investissements. Mais ce faible niveau d'investissement de départ peut aussi augurer des difficultés financières pour développer l'activité.
Pour quel résultat ?
Le temps écoulé entre l'inscription au régime et le démarrage commercial de l'activité (prospection/vente) est très rapide avec 83 % en moins de 3 mois. Au vu du faible nombre moyen de factures mensuelles (80 % réalisent moins de 10 factures par mois), les auto-entrepreneurs travaillent avec un nombre limité de clients et/ou réalisent peu d'actes de vente.
Quelles difficultés ?
Leur principale difficulté : trouver des clients. En effet, 43 % déclarent avoir des problèmes dans la constitution et le développement de leur clientèle. En outre, 19 % éprouvent des difficultés à établir leurs tarifs. Ce qui s'explique notamment par l'absence de préparation préalable et un manque de « fibre commerciale ».
Quel avenir ?
L'auto-entrepreneuriat n'est pas vu comme une activité au rabais ! Seuls 32 % des auto-entrepreneurs veulent utiliser ce régime pour compléter leurs revenus. Les deux autres tiers souhaitent vivre de leur nouvelle activité. En revanche, 72 % envisagent de rester auto-entrepreneurs dans un an et ont peu ou pas d'ambitions à se développer, 18 % souhaitant passer au stade supérieur en transformant leur activité en statut classique. La transition vers une activité plus importante n'est donc pas pour le moment une priorité. Mais ils n'en sont qu'à leurs débuts...
Quelles évolutions demandées pour ce nouveau régime ?
Près d'1/3 des auto-entrepreneurs (31 %) souhaitent avoir un n° de TVA intracommunautaire afin de pouvoir exercer leur activité à l'étranger (export) ou procéder à leurs achats avec des fournisseurs étrangers (import).
Dernière donnée : 48 % des auto-entrepreneurs n'ont pris aucun conseil (Chambre de commerce, expert-comptable, etc.) avant de se lancer. Or, l'accompagnement est un facteur de succès.
Conclusion:
On peut remarquer que les auto entrepreneurs se fient principalement à leur instinct et ne bénéficie pas de conseil préalable afin de gérer leur activité d'où des problèmes de gestion (facturation, devis, établissement des prix...).
Je pense que ce statut peut être considéré comme une niche pour les cabinets de conseil en création d'entreprise ou les cabinets d'expertise comptable afin de leur donner le minimum de base comptable, fiscale et commerciale afin de faire tourner leur boîte et ne pas faire partie des entreprises qui sont en faillite 3 ans après leur création.
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